Œuvres littéraires

Serrures en friche

En Guise de Préface

Il (Dieu) a organisé leur tête d'une manière
admirable ; longue et ayant la bouche en bas, elle
permet aux  miroirs de manger sans avoir besoin de
se courber beaucoup et de prendre leur nourriture
avec autant de facilité que de rapidité.
Diepholz
Katrothéologie (théologie des miroirs) 1748

Les miroirs, que
durcit la sueur des
avalanches, épongent
leur fourreau du fond
des abreuvoirs

Les miroirs pren-
nent les fenêtres
pour cible, élevant
la figure au rang
d'écorce.

Miroir qui tend
l'oreille aux perspec-
ives, tu simplifies
la renommée en
l'écorçant.

Lunaisons qui fer-
tilisez les miroirs
vos intentions ne
sont rien moins
que lettre-morte.

Dans un miroir
rouillé, des virgules
de soleil font lever
le jour écaillé de fil
de fer.

Le miroir
hurle la syntaxe
défenestrée.

Les miroirs à
serrures onaniques
battent d'étranges
langages.

L'univers de la matière est l'onanisme
Du miroir.

Un miroir en planche effacera
l'ouverture  des groseilles dont le trou
est à l'ouest.

ROBERT RIUS, Serrures en friche, Les pages libres de la Main à plume (édition clandestine), 1ère série, n°10, octobre 1943.

> retour